Tout ce que j'ignorais au sujet de l'allaitement


Comme beaucoup de sujets qui touchent au corps féminin, à la maternité, l'allaitement reste peu discuté. Même au cours de la grossesse, nous sommes finalement peu renseignées sur cette pratique. La seule question que l'on nous pose réellement est : comptez-vous allaiter votre enfant ? Et si vous répondez par l'affirmative, vous n'êtes pas plus avancée. Le personnel médical acquiesce mais ne vous questionne pas davantage, ne vous indique pas quelles ressources consulter si vous cherchez de l'aide, quels professionnels sont aptes à vous conseiller. Peut-être est-ce davantage aborder lors des cours de préparation à la naissance, mais d'expériences, le sujet ne couvre généralement pas plus d'une séance. Pourquoi ? Pourquoi sommes-nous finalement seule face à l'allaitement ? Pourquoi l'allaitement reste un sujet si peu discuté, surtout quand pour un grand nombre d'entre nous, ce dernier n'est pas un long fleuve tranquille ?!

Je suis donc arrivée au lendemain de mon accouchement vierge de toutes représentations, pleine de bonne volonté, mais totalement ignorante et finalement, peu préparée à faire face à ce qui m'attendait. C'est pour toutes ces raisons, que j'ai trouvé pertinent de vous faire part de mon retour sur expériences, comme j'ai pu le faire avec mon accouchement afin que mon vécu puisse vous soutenir, apaiser vos doutes ou simplement vous renseigner. Cet article a donc une visée davantage didactique, et ne porte pas en soi sur un récit personnel. Cependant, il repose évidemment sur mon expérience. L'allaitement s'est sans doute déroulé différemment pour vous et c'est bien normal. N'hésitez donc pas à partager votre expérience, vos conseils, bref à échanger avec nous sur ce sujet qui mérite discussion !


Au sujet de l'allaitement, on ne m'avait pas dit que ...

On ne m'avait pas dit que cela pouvait être si dur. En effet, allaiter c'est cet acte presque magique qui fascine autant qu'il questionne. C'est évidemment le choix d'une alimentation totalement sur-mesure et le partage d'une expérience forte. Cependant, passé les projections bien souvent idéalisées, la réalité du terrain nous rattrape et l'allaitement n'est pas si simple. A première vue, ce dernier peut paraitre anodin, mais si l'on se penche dessus, il s'agit en réalité d'une décision qui engage beaucoup de choses. Au-delà du symbolique, du rapport au corps, des schémas familiaux, l'allaitement n'est pas de tout repos. L'allaitement ne se met pas forcément en route en un claquement de doigt. L'allaitement peut isoler, parce que vous êtes seule à pouvoir le nourrir. L'allaitement engage beaucoup de votre corps, comme il engage beaucoup de votre temps et de votre énergie.

On ne m'avait pas dit que l'allaitement fatigue énormément. J'avais cette conception simpliste qui consiste à penser que l'allaitement s'ajoute à votre vie et votre routine sans avoir d'impact sur votre organisme. La logique veut que cela n'est pas du tout cohérent et je m'en suis vite rendue compte. Reposez vous bien, n'oubliez surtout pas de bien vous hydrater. Souvent des maux de tête venaient me rappeler que l'hydratation n'est pas accessoire quand on allaite. Optez également pour des encas chargés en protéines, sucres lents et sucres naturels. Ils m'ont notamment permis au début d'éviter les coups de mous.

On ne m'avait pas dit que cela pouvait être douloureux. Oui, tout simplement. Passés les premiers jours et les contractions de l'utérus déclenchées à chaque tétée, la poitrine aussi peut devenir douloureuse. Les peaux claires, fines et sensibles peuvent alors physiquement ressentir de la douleur. Sachez qu'il ne s'agit pas forcément d'un problème de position, de succion ou de prise du sein de l'enfant. Que cela peut perdurer au-delà de quelques semaines et ne plus être causé par la seule mise en place ou les hormones, mais par une peau simplement fragile. Veillez à porter une attention particulière aux soins de votre peau afin d'éviter tous désagréments ou blessures. J'utilise pour se faire un gel douche hypoallergénique doux et sans savon, et de l'huile de coco pour nourrir. Je vous recommande également le beurre de mangue. Ses propriétés protectrices et réparatrices ont participé à renforcer ma peau de manière significative. Je peux maintenant m'en tenir à une hydratation quotidienne et plus une hydratation après chaque tétée.

On ne m'avait pas dit que l'on pouvait avoir "trop" de lait, et que cela peut aussi être source de désagréments. Nous nous imaginons toujours qu'il peut être normal d'observer une surproduction lors de la montée de lait initiale ou dans les premiers temps, lorsque le corps s'adapte. Sauf que cela peut également être une caractéristique inhérente à votre lactation et dans ce cas, il ne vous reste plus qu'à chercher des astuces pour contrôler le phénomène. Je me suis alors vite rendue compte que j'avais peu de réponses à mes questions. Le corps médical n'a qu'une seule réponse face à la situation : tirez votre lait. Or cela favorise en réalité la production sur le long terme... Je vous le déconseille donc vivement.  Sachez qu'avec le temps, le corps tend à se réguler et à s'adapter, à minima, aux besoins de votre enfant. Ainsi même si votre production reste un peu trop abondante, elle tend à ne plus être totalement débordante.

On ne m'avait pas dit que les engorgements peuvent être fréquents, qu'ils peuvent être vraiment douloureux, handicapants ou encore provoquer des symptômes proches du rhume. Je ne parle pas du cas où ce dernier se transforme en infection, car cela relève alors du médical.
Les engorgements riment donc avec douleurs certes, mais également avec fuites, débordements et humidité... J'ai d'ailleurs testé différentes marques de coussinets d'allaitement et je compte vous faire une revue à ce sujet. Je vous passe aussi les anecdotes rocambolesques, les nuits à essayer d'exprimer mon lait pour soulager la pression, parfois en vain. Finalement la surproduction s'est estompée et je peux désormais passer plusieurs jours sans souffrir d'engorgements.

On ne m'avait pas dit qu'il fallait s'écouter et s'adapter à soi et à son enfant, que cela soit en terme de durée, de manière de faire (un sein ou les deux à chaque tétée). Que l'on fait finalement comme on le sent et que c'est ça, la clef d'un allaitement réussi.
Avec toutes les recommandations que l'on nous incite à suivre, quand elles ne deviennent pas des injonctions, trouver sa place et oser suivre son instinct peuvent être plus dur qu'il n'y parait. Cependant, je vous encourage à vous faire confiance, écouter votre corps, observer votre enfant et agir en conséquences. Les règles que l'on nous donne au début ne sont qu'une trame qui ne doit en aucun cas devenir un carcan et qu'il convient de déconstruire progressivement pour trouver sa manière de faire, sa place.

On ne m'avait pas dit que l'allaitement met du temps à se mettre en place, et que d'une personne à l'autre, cette durée peut varier. Dans mon cas, les deux semaines annoncées se sont transformées en un bon mois et demi de mise en place. Durant lequel les engorgements se sont succédés, presque sans interruption me laissant avec une grande fatigue physique et l'impression de tomber malade toutes les semaines. Je pensais que mon allaitement n'évoluerait pas, que je subirai toujours autant les désagréments cités plus haut. Mon organisme, très ou trop volontaire, s'est finalement plus ou moins régulé. L'allaitement fait aujourd'hui parti de ma vie, mais n'organise plus la totalité de mes journées et surtout n'est plus source d'anxiété.

Pour conclure...

Parce que tous les petits tracas n'enlèvent rien au symbole, au courage, à la satisfaction et au lien que l'allaitement apporte, sachez que cela vaut le coup. La maternité reste à la fois la chose la plus dure et la plus simple à faire, à incarner. Et l'allaitement ne fait pas exception à la règle !
Alors si vous débutez, faites vous totalement confiance ! Sachez que vous êtes courageuse, que vous pouvez le faire et que toutes les situations que vous serez amenées à rencontrer ont leurs solutions. Sachez prendre le temps, vous choyer physiquement et cela passe par beaucoup de repos, une bonne alimentation et une bonne hydratation, mais aussi psychologiquement. N'hésitez pas à prendre du temps pour vous. Osez demander de l'aide à votre compagnon, votre entourage, à des professionnels spécialisés, à d'autres mères.
Si vous avez allaité quelques semaines et que vous doutez, sachez que vous n'êtes pas seules. Autorisez vous à ressentir ces émotions, même si elles peuvent vous paraitre négatives. Observez dans quelles mesures le négatif prend le pas sur le positif. Peut-être avez-vous besoin de souffler un peu pour mieux revenir à l'allaitement ? Restez votre premier soutien et sachez lâcher prise. Et si vous êtes arrivées au bout de l'expérience, arrêtez progressivement, tout simplement.


Pour aller plus loin

Je vous encourage vivement à vous renseigner sur le site de la Leche League pour toutes interrogations ou doutes. L'association possède des publications et des ressources sur toutes les problématiques rencontrées lors de l'allaitement. De plus, elle a su mettre en place un véritable réseau d'aide. Ainsi vous pouvez contacter des animatrices spécialisées, vous rendre à des réunions dans votre région, etc... Tout est fait pour que vous soyez accompagnée et cela reste essentiel !

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Dans l'épisode précédent, on parlait de l'accouchement et c'est en cliquant ci-dessous : 

http://feminarrer.blogspot.com/2018/02/laccouchement.html
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Et vous, quelle a été votre expérience avec l'allaitement ?


Belle semaine à tous !


Crédits photographiques : Féminarrer (2018).

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